Après avoir il y a quelques jours mis en une du Time Assa Traoré, les journalistes récidivent en nommant son coiffeur attitré "Person of the year" pour la qualité du travail accompli sur sa cliente par ce professionnel de l'esthétique. Focus sur un personnage de l'ombre, artisan de la lumière qui rejaillit sur Assa Traoré.

C'est un homme excentrique bien connu dans le quartier. Léon de Bruxelles, surnommé affectueusement Louis-Xavier de la chapelle par les jeunes de la cité, est coiffeur depuis une éternité. C'est lui qui coiffe tous les caids les habitants depuis leurs naissances.

Léon de Bruxelles fait des miracles, entre deux rails de coke entre deux clients où la situation semble désespérée.

Dans le Time, on apprend que son travail le plus difficile a été d'opérer de coiffer Assa. "Elle est arrivée un jour avec une touffe que j'avais jamais vu, pourtant des touffes j'en ai vu dans ma vie ! Il a fallu que je fasse le tri, que je coupe beaucoup de poils et que j'utilise même mon chalumeau pour me frayer un chemin dans la touffe" (de cheveux).

Le traitement d'Assa dure ainsi plusieurs mois, petit à petit elle finit par avoir une tête qui ressemble à quelque chose. Une belle coiffure afro mais d'envergure imposante puisque d'un bout à l'autre, elle fait 1,60 mètre. La réalisation ultime de ce coiffeur aux ciseaux d'or est celle qui apparaît aux yeux de toute la planète grâce à la couverture du Time.

Comme toutes les créations ultimes, la coiffure d'Assa ne présente pas que des qualités. De par son envergure, elle rend difficile le passage des portes et en plus ça lui fait une grosse tête.

Cependant, il n'en fallait pas moins pour que le Time récompense l'excentrique artiste. Actuellement coiffé par deux bacs d'herbes à chats, Léon de Bruxelles change régulièrement de coiffure. L'année dernière ils était coiffé par trois mines antipersonnel et l'année d'avant avec un parpaing dérobé sur un chantier voisin.

Dans le Time, Louis-Xavier de la chapelle en dit plus sur sa dernière séance pour Assa :

"J'avais pris un bonbon à la menthe acheté au dealer commerçant du coin à 800 €. J'ai eu l'idée d'utiliser 500 grammes de levure boulangère pour le gonflement, 4 ventilateurs, du soufre, 3 litres de peinture à essence, un fer à repasser et une pelle à tarte pour la finition. Et ça a donné cette merveille qu'on voit sur le Time".

Il y a fort à parier que le Time à l'avenir nous fera encore découvrir des personnages d'exceptions comme cet artiste unique qui confie avoir été soulagé par l'abandon de sa coiffure avec le parpaing parce que dit il : "le parpaing c'est lourd et en plus ça tient pas bien !"